En ce jour 6 février, Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), l’Association pour la Réinsertion des Enfants et la Défense des Droits de l’Homme (ARED ) une organisation de défense des droits de l’homme et abolitionniste de l’esclavage, réaffirme son engagement avec fermeté pour la protection de la gente feminine contre toutes les formes de violences dont la pratique de l’excision au Tchad.
Malgré les engagements pris par l’État, malgré l’existence de lois interdisant clairement les mutilations génitales féminines dont l’excision, la pratique demeure. Elle se perpétue dans l’axisme des gouvernants, le silence, la peur et parfois sous le couvert d’une interpretation abusive des traditions.
Dans les provinces du Mandoul et du Moyen-Chari, les acteurs de lutte dont ARED observent avec une profonde inquiétude que l’excision continue d’être pratiquée, souvent de manière officielle au vu et au su des autorités à différents niveaux investies des pouvoir pour proteger les plus faibles contre les abus , exposant des milliers de jeunes filles à des souffrances physiques et psychologiques irréversibles.
L’ARED tient à rappeler que le premier Forum national sur l’excision s’est deroulé du 12 au 14 juin 2025 à Koumra, en présence des autorités administratives, judiciaires, sécuritaires, des chefs de services techniques deconcentrés de l’Etat, les autorités traditionnelles, coutumières, des partenaires techniques et financiers, la presses ainsi que des organisations de la société civile.au cour de ces assises, les participants ont clairement decider de la reforme de l’excision en promouvant l’initiation féminine sans excision.
Des engagements clairs ont été pris. Paradoxlement, la pratique se poursuit encore aujourd’hui, comme si ces engagements n’avaient jamais existés.
Cette situation interpelle directement la responsabilité des autorités administratives, judiciaires, sécuritaires coutumières et traditionnelles.
L’histoire rattrapera celles et ceux qui, par négligence, silence ou manque de volonté, auront laissé cette lutte échapper à leur vigilance, dans le Mandoul, le Moyen-Chari et, au-delà, sur l’ensemble du territoire national.
Par ailleurs, l’ARED souhaite déconstruire avec fermeté un argumentaire souvent avancé pour justifier l’excision: celui de l’initiation masculine.
Les faits historiques sont clairs. L’initiation masculine a existé bien avant l’excision. Elle remonte aux années 1700 jusqu’en 1899, sous le règne de neuf (9) rois dont les Mbang Dayan de Bedaya. Durant toute cette période, l’initiation masculine s’est déroulée sans aucune mutilation des filles.
Ce n’est qu’en 1900, avec l’arrivée de Rabah, sous le règne de Mbang Asdé de Bedaya, que la pratique de l’excision a été introduite. Donc, assimiler aujourd’hui l’excision à une tradition ancestrale liée à l’initiation masculine, relève donc d’une falsification de l’histoire des peuples de ces deux provinces et ceci pour des bassement sordides..
Une question fondamentale taraude alors : ceux qui ont été initiés l’initiation masculine avant 1900, c’est à dire à la période où l’excision n’avait pas existé, durant près de deux siècles, sont-ils considérés comme des non-initiés ?
La réponse est clairement non.. L’excision n’est ni une condition de l’initiation masculine, ni une exigence culturelle immuable. Elle est une pratique importée, maintenue et banalisée au détriment des droits de l’homme dont la gente feminine..
L’ARED appelle:
- les autorités administratives, judiciaires et securitaire à appliquer strictement la loi et à poursuivre les auteurs et complices ;
- les leaders traditionnels et communautaires à s’appuyer sur la vérité historique pour protéger les générations futures ;
- les familles à refuser de sacrifier leurs filles au nom d’arguments infondés.
- Au gouvernement, de faire attention à cette pratique qui fait des miliers de victimes chaque année sans aucune solution durable au mepris des lois.
- A la communauté internationale et l’UA, l’UE, l’ONU et les pays amies et frères comme les USA, l’Allemagne, de rappeler le Tchad à l’ordre en matière de respect des droits humains en général et la ratique de l’excision en particulier.
- Aux nations unies d’integrer l’excison parmi les formes de la traite des personnes dont les femmes et les enfants
La tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines n’est pas négociable. Aucune tradition ne peut justifier la souffrance, la mutilation et la violation des droits humains.